FARC

Forces armées révolutionnaires de Colombie

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Fuerzas armadas revolucionarias de Colombia – Ejército del Pueblo
Classification
Marxisme
Objectifs
Prise du pouvoir en Colombie
Statut
Actif
Victimes
Plusieurs milliers
Fondation
Date de formation 1964
Pays d’origine Colombie Colombie
Fondateur Manuel Marulanda
Force
Nombre 6 000 - 8 000 guerilleros en 2008[1]
Zone d’opération Colombie
Dernière attaque 2008
Financement
Trafics de drogue, rançons de prise d'otages
Filiation
Chefs principaux
N°1 : Alfonso Cano (qui succède à Manuel Marulanda, mort le 26 mars 2008)

N°2 : Joaquín Gómez (qui succède à Raúl Reyes abattu le 1er mars 2008 par l'armée colombienne)
N°3 : Iván Márquez
N°4 : Mono Jojoy

Groupes Reliés
Ejército de Liberación Nacional

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie - Armée du peuple (en espagnol « Fuerzas armadas revolucionarias de Colombia – Ejército del Pueblo »), généralement appelées FARC (l'acronyme exact est FARC-EP), sont la principale guérilla communiste colombienne impliqué dans le conflit armé colombien. Elles ont été créées en 1964 sur les décombres des diverses guerillas qui avaient lieu en Bolivie depuis 1953, après une guerre civile qui avait fait entre 150 000 et 300 000 victimes, essentiellement des paysans.

Les Farc sont créées par Jacobo Arenas, missionné par le Parti communiste colombien, pour chapeauter différents groupes paysans de guérilla repliés dans les montagnes. Jacobo Arenas rallie des chefs paysans non communistes dont le principal est Manuel Marulanda Velez et fait du mouvement la branche armée du Parti communiste colombien. À la mort de son fondateur, Manuel Marulanda prend la tête du mouvement fortement encadré par des cadres communistes comme Raul Reyes formé en République démocratique allemande sous influence soviétique. Mais rapidement, l'armée capture deux tiers des effectifs révolutionnaires, mal équipés. Le savoir-faire militaire viendra par la suite, avec l'argent de la drogue et la banalisation des paradis fiscaux qui permettent aux chefs des FARC de disposer de comptes bancaires secrets.

Les années 80 marqueront un tournant avec le trafic de drogue et le début des enlèvements contre rançon. Selon Jean-Jacques Kourliandsky, spécialiste de l'Amérique latine à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) Marulanda n'était pas un idéologue mais "avant tout un militaire" donc "très pragmatique." Sous sa direction, les FARC s'associent avec les cartels. Les narcotrafiquants produisent la cocaïne sur les territoires dont les Farc ont le contrôle et leur offrent en contrepartie une partie des bénéfices.

Après une période où l'activité révolutionnaire est mise en sommeil, l'organisation se lance dans les années 1990 dans une relance des actions violentes qui a valu aux Farc d'être désignée en 2005 comme organisation terroriste par les États-Unis[2] et l'Union européenne[3]. La cocaïne devient la première source de financement, après les enlèvements contre rançon et les impôts révolutionnaires[4].

La politique du président Andres Pastrana qui avait concédé une zone d'influence aux FARC, dans l'espoir d'une paix négociée est un échec. Le nouveau président Alvaro Uribe mène au contraire depuis sa première élection en 2002 une politique de lutte militaire contre la rébellion. En 2008, plusieurs des chefs (dont Manuel Marulanda Velez et Raul Reyes) des FARC meurent ou sont tués. L'enlèvement prolongé de la franco-colombienne Íngrid Betancourt a par ailleurs attiré l'attention de l'opinion internationale sur le conflit.

Le 5 février 2008, une manifestation contre les FARC a réuni près de deux millions de personnes dans les rues de Bogota [5]. L'idée est venue d'un petit groupe pacifiste militant pour une Colombie sans Farc, sur Facebook, créé par un ingénieur du nord de la Colombie. Aujourd'hui, ce groupe compte plus de 250.000 personnes et a organisé les manifestations géantes du 5 février.

Les pouvoirs pris par les FARC dans les années 80 avaient entraîné le développement des groupes para-militaires d'extrême-droite, également très violents, reprochant à l'Etat son inaction ou sa complicité implicite face aux exactions des FARC. La politique plus sévère menée par Alvaro Uribe depuis son élection en 2002 lui a permis parallèllement de désarmer progressivement les groupes para-militaires. L'ex-sénateur Mario Uribe Escobar, ancien président du Congrès (Parlement) et cousin d'Uribe a même été arrêté le 22 avril à Bogota pour liens présumés avec les paramilitaires [6].

Sommaire

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Organisation [modifier]

Drapeau des FARC-EP
Drapeau des FARC-EP

Durant la plus grande partie de leur histoire, les FARC sont dirigées par un secrétariat mené par le septuagénaire Manuel Marulanda Vélez (Pedro Antonio Marín), alias Tirofijo (« Tir précis ») et six autres membres dont le commandant militaire Jorge Briceño, alias Mono Jojoy. L'organisation est constituée autour de lignes militaires qui incluent plusieurs fronts urbains. Les FARC sont constituées à leur apogée de 12 000 à 18 000 membres (selon Éric Lair[7]) et sont présentes dans environ 35 à 40 % du territoire colombien, majoritairement dans les jungles du sud-est et dans les plaines au pied de la Cordillère des Andes. Le -EP (« Ejército del Pueblo ») fut ajouté au nom officiel du groupe durant la septième conférence sur la guérilla en 1982, en signe de progression désirée depuis une guérilla vers une action militaire conventionnelle.

Les FARC se définissent comme un groupe marxiste-léniniste. Ils affirment représenter les pauvres du monde rural contre les classes riches de la Colombie et s'opposent à l'influence des États-Unis en Colombie, à la privatisation de l'exploitation des ressources naturelles, aux multinationales et aux groupes paramilitaires d'extrême droite. Ils se financent à l'aide d'une multitude d'activités incluant la prise d'otages (1 600 estimés), l'extorsion, le détournement et la participation directe ou indirecte au marché de la drogue. Cette drogue est en partie vendue aux États-Unis.

Structure [modifier]

Combattants des FARC
Combattants des FARC

La structure des FARC est extrêmement hiérarchisée, voire bureaucratique. Les FARC sont constituées d'unités d'une trentaine d'hommes commandées par un chef d'unité aux larges pouvoirs et jouant aussi le rôle d'idéologue (cet aspect d’encadrement idéologique est nettement en retrait depuis les années 1980[8]). Chaque unité comprend aussi une infirmière et les FARC possèdent des hôpitaux clandestins bien équipés et bien approvisionnés en médicaments [réf. nécessaire]. Ils n'hésitent pas à louer ponctuellement les services de chirurgiens sud-américains et à les faire venir en pleine jungle. La discipline, le mode de vie et l'expérience font que les guérilleros sont considérés comme plus aguerris que les soldats de l'armée régulière colombienne. Les membres sont soumis à des interdictions comme celles de « voler du sucre » ou de « critiquer un supérieur »[9].

À côté des forces régulières du mouvement, des milices civiles ont été créées dans les villages contrôlés. Elles seraient responsables de nombreuses exactions[réf. nécessaire]. Les habitants des zones rurales —sympathisants ou non— sont régulièrement la cible d'assassinats perpétrés par les groupes paramilitaires d'extrême-droite proche du pouvoir, et notamment les Autodéfenses unies de Colombie. La dissolution officielle -en cours- de ces dernières ne semble pas avoir mis fin au recours à ces exactions. Selon la Commission colombienne des juristes, entre 2002 et 2006, on enregistre près de 20 000 homicides par an en Colombie, dont plus de 60 % sont commis par les paramilitaires et 25 % par les guérillas (FARC et ELN) [10]. Les AUC sont aussi responsables de la grande majorité des 3,5 millions de déplacés par la guerre [10]. (près de 3 000 000 de personnes selon le rapport de mars 2008 de la Croix Rouge).

Les relations avec l'étranger étaient assurées jusqu'à sa mort par Raul Reyes à partir de camps installés à l'étranger, Rodrigo Granda, son adjoint, étant considéré jusqu'à son enlèvement le 15 décembre 2005 à Caracas puis libéré le 5 juin 2007[11] comme le ministre des affaires étrangères des FARC.

Recrutement [modifier]

Enfant soldat des FARC en mars 1999.
Enfant soldat des FARC en mars 1999.

Les FARC recrutent principalement sur la base du volontariat mais il est ensuite extrêmement difficile de les quitter. Les déserteurs sont pourchassés et, s'ils sont repris, sont systématiquement fusillés. Human Rights Watch estime que 20 à 30 % des combattants des FARC ont moins de 18 ans. Les femmes sont très présentes et depuis le milieu des années 1980, elles constituent 30 à 40 % des effectifs, combattant à l'égal des hommes. Même si les FARC peuvent être considérées moins machistes que la société rurale colombienne, les femmes n'y ont pas les mêmes droits que les hommes. Elles doivent systématiquement avorter si elles tombent enceintes, ne doivent pas avoir de relations sexuelles avec des civils (autorisées pour les hommes) et les relations avec des hommes de la guérilla sont soumises à l'approbation de leur hiérarchie.

Chaîne de commandement [modifier]

  • Comandante en Jefe de las FARC-EP (Commandant en chef) : poste occupé actuellement par Alfonso Cano.
  • Secretariado (Secrétariat) : composé de sept membres dirigeants (dont le commandant en chef) et 2 suppléants, élus par le Estado Mayor Central et remplacés aussitôt en cas de décès.
    • Alfonso Cano
    • Jorge Briceño Suárez "Mono Jojoy"
    • Timoleón Jiménez "Timochenko"
    • Iván Márquez
    • Joaquín Gómez "Usuriaga", qui a remplacé Raúl Reyes
    • Mauricio Jaramillo "El Médico", remplaçant d'Iván Ríos
    • Pablo Catatumbo, le dernier à être entré au secrétariat.
    • Les 2 suppléants sont Bertulfo Álvarez et Pastor Alape
  • Estado Mayor Central (État-major central) : composé de 30 commandants, dont les 7 chefs des blocs. C'est l'organe majeur qui décide de la nomination au secrétariat, et coordonne toutes les actions.
  • Bloque (bloc): la Colombie est découpée en 7 blocs, chacun d'eux composés d'au moins 5 fronts.
  • Frente (Front) : un front compte entre 50 et 500 hommes.
  • Columna (Colonne) : les fronts les plus grands sont découpés en colonnes.
  • Compañía (Compagnie) : unité de combat à l'échelle de laquelle les combats sont les plus courants. Environ 50 hommes.
  • Guerilla (Guérilla) : deux pelotons.
  • Pelotón (Peloton) : unité de base, environ 12 hommes.

Historique [modifier]

Origine [modifier]

À la fin des années 1940, dans les zones rurales de la Colombie, des groupes de proto-guérilla isolés, soutenus par les membres les plus radicaux du Parti libéral colombien, qui étaient les précurseurs des guérillas marxistes modernes, se formèrent pour défendre par la lutte armée des terres que les propriétaires terriens conservateurs essayaient de se faire rembourser. En 1948, l'homme politique libéral Jorge Eliécer Gaitán fut assassiné, créant une profonde blessure et devenant l'origine de la plus violente période de l'histoire de la Colombie.

Durant la période qui suivit (dite La Violencia, la Violence), plus de 150 000 personnes furent tuées par ces luttes entre bandes armées. Jusqu'en 1953, le Parti conservateur colombien de Laureano Gómez (élu en 1950 durant une élection boycottée par le Parti libéral), incapable de rétablir la situation, devint extrêmement impopulaire aux yeux du peuple et des autres personnalités politiques des deux parties. Afin de rétablir l'ordre, l'armée, sous le commandement du général Gustavo Rojas Pinilla, prit le contrôle du parti en 1953.

Le nouveau gouvernement militaire offrit l'amnistie aux bandits et aux guérilleros, en échange de la livraison de leurs armes, ce que la plupart firent. Cependant, certains groupes de gauche, qui incluaient des communistes, refusant de rendre leurs armes, se retirèrent dans des zones isolées où ils continuèrent à opérer.

Le pouvoir militaire cessa en 1958 en faveur des modérés de la droite et de la gauche, avec le support de dissidents du pouvoir militaire. Ils mirent sur pied une coalition bipartisane connue sous le nom de Front national. Pendant ce temps, des groupes de communistes avaient installé leur propre gouvernement dans une région lointaine du pays, connue sous le nom de République de Marquetalia. Le gouvernement commença par ignorer l'influence grandissante des communistes jusqu'en 1964, quand, sous la pression de la droite qui considérait cette république communiste autonome comme une menace, l'armée colombienne fut chargée d'y mettre fin.

Il s'ensuivit l'attaque des guérillas, dispersées, qui se réorganisèrent sous le nom de Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et devinrent le bras militaire officiel du Parti communiste colombien. Ainsi, si les FARC furent crées en 1964, elles furent la résultante des mouvements de guérilla qui avaient commencé en 1948, comme de l'influence idéologique des mouvements communistes de l'époque, comme celle de Cuba.

Raul Reyes, commandant des FARC, justifie que les FARC n'aient pas déposé les armes par les répressions[12] s'étant abattues après les accords de 1984 autorisant la création de l'Union Patriotique. En effet, de 1985 à 1994, 4 000 membres ou sympathisants de l'UP ont été assassinés[réf. nécessaire], notamment les candidats aux élections présidentielles Jaime Pardo Leal (1987) et Bernardo Jaramillo Ossa (1990), ainsi que 9 autres parlementaires de la même formation de gauche. Raul Reyes exprime néanmoins ses espoirs à propos d'un éventuel accord futur avec le Pôle démocratique Alternatif (PDA), parti de gauche.

Le 23 août 2002, les FARC rejettent l'offre de l'ONU de servir de médiateur dans le conflit.

Au XXIe siècle [modifier]

Depuis la reprise des opérations militaires en 2002[13] par le président Álvaro Uribe jusqu'à 2008, les FARC auraient perdu 8 000 combattants et le contrôle d’une vingtaine de territoires, zones de production de drogues qui leur assuraient des revenus substantiels[14]. Selon les chiffres du gouvernement, les FARC auraient perdu 1 891 hommes en 2005 et 2 184 en 2006 au combat. La colonne mobile « Teófilo Forero », considérée comme l'unité la plus expérimentée de la guérilla, a ainsi été définitivement anéantie[réf. nécessaire].

En 2008, l'opinion publique en Colombie est très majoritairement hostile à ce mouvement ; Dans un sondage réalisé par Gallup en janvier de cette année, les FARC ne dépassent pas les 1 % d'opinions favorables[15] et lors de la manifestation du 4 février 2008, près de deux millions de Colombiens dans l'ensemble du pays sont descendus dans la rue, protestant contre les actions des FARC et ses prises d'otages[16].

Les FARC n'avait jamais perdu au combat de hauts dirigeants, jusqu'au 1er mars 2008Raul Reyes se fait bombarder en Équateur par l'armée colombienne suivi le 7 mars par l'annonce de l'assassinat de Manuel Muñoz Ortiz alias Ivan Rios par son garde du corps[17]. Il ne restait théoriquement plus que cinq membres de la direction générale des FARC en activité : le chef historique, Manuel Marulanda Vélez, qui, né en 1930, n'avait pas été vu en public depuis plusieurs années, Alfonso Cano, considéré comme la « tête pensante » des FARC, Mono Jojoy, le spécialiste des actions militaires au sein de la direction, Joaquin Gomez et Rodrigo Londoño Echeverri[18]. Depuis l'annonce du décès de Vélez, il n'en resterait donc que quatre[19].

La commandante du front 47 des FARC, Nelly Avila Moreno, alias Karina, s'est rendue aux autorités le 19 mai 2008. Selon l'administration colombienne, environ 9 000 personnes ont déserté les rangs des Farc pour bénéficier d'un programme de réinsertion ces dernières années[20].

Activités [modifier]

Assistance et financements [modifier]

Activités criminelles [modifier]

Banditisme [modifier]

Les FARC se financent par les enlèvements et les rançons, le vol de bétail, l'extorsion et la « protection » accordée au commerce de la drogue (voir ci-dessous). C’est à partir de la VIIe Conférence nationale des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), en 1982, que les profits tirés de la drogue sont devenus un élément de la stratégie du contrôle du territoire et de la prise du pouvoir de cette guérilla rurale[21]. Le profit annuel de cette seule activité dépasse les 300 millions de dollars. Un grand nombre de leurs fronts ont envahi de petites communautés pour distribuer des éléments de propagande, et pour piller des banques locales.

Les éléments de l'économie dans les zones rurales, y compris l'agriculture, le pétrole et les mines, doivent aussi payer des « vaccins » (paiements mensuels) qui les « protègent » contre les attaques et les enlèvements. En mai 2002, les FARC ont enfermé dans l'église, les familles de paysans du village de Bojaya qui se montraient récalcitrants à payer l'impôt révolutionnaire, puis ils y ont mis le feu faisant 119 morts dont 45 enfants, pour l'exemple.

Également, quoique moins lucrative, une source de revenus est constituée par les barrages sur les routes où les guérillas arrêtent les véhicules pour confisquer bijoux et argent, actions très fréquentes durant les présidences d'Ernesto Samper (1994-1998) et d'Andrés Pastrana (1998-2002).

Trafic de drogue [modifier]

Les FARC sont soupçonnées, notamment par la DEA américaine et les autorités colombiennes, de liens avec les trafiquants de stupéfiant, principalement via l'aide logistique et la protection armée, de ce fait, plusieurs de ses membres ont leur tête mise à prix par le gouvernement fédéral des États-Unis[22]. Depuis le milieu des années 1990, les analystes du commerce de la drogue ont estimé que les FARC se sont énormément impliquées dans ce commerce, en contrôlant les fermes, la production et l'exportation de cocaïne dans ses zones d'influence. Ils agissent en broker en achetant la pâte de coca à prix fixe aux paysans, protègent militairement les laboratoires de transformation, puis vendent la cocaïne aux narcotrafiquants.

Le chef d'une organisation de commerce de la drogue et de trafic d'armes, Fernandinho Beira-Mar, fut capturé en Colombie le 20 avril 2001 en compagnie d'éléments de la guérilla des FARC. Pour les autorités colombiennes et brésiliennes, cela constitue une preuve de la coopération entre les FARC et les trafiquants de drogue, coopération fondée sur l'échange entre la drogue et les armes, ce que Fernandinho Beira-Mar et les FARC ont nié. Selon les FARC, dans leurs zones d'influence, la culture de la coca (une longue tradition dans cette région du monde, bien que jamais au niveau actuel), est taxée sur la même base que les autres cultures.

Durant le premier trimestre 2005, les opérations conjointes des services de renseignement et de la police des gouvernements de la Colombie et du Honduras, ont conduit à la saisie d'un nombre important de fusils d'assaut AK-47 et M16, de mitrailleuses M60, de lance-roquettes, et de munitions, qui étaient désignés comme une partie d'un trafic d'armes illégal entre des bandits et le marché noir d'Amérique centrale et les FARC, en échange de drogue ; l'information donnée étant de deux tonnes de cocaïne. Les trafiquants d'armes de la région sont aussi accusés de commercer avec les groupes paramilitaires d'extrême droite.

Raul Reyes, commandant en second des FARC, a nié la collusion avec le narcotrafic, les fonds étant un pourcentage prélevé aux personnes possédant plus d'un million de dollars (sorte d'impôt sur le revenu) sans vérification de leur origine, mais explique que les FARC n'interdisent pas non plus la culture de coca[23].

Prises d'otages [modifier]

Le groupe enlève des personnes qu'il considère comme de gros propriétaires terriens, des hommes d'affaires, tout comme des touristes et des entrepreneurs, mais aussi des officiels nationaux et internationaux ainsi que leurs familles. Des civils de milieu modeste furent pris en otage aussi, en représailles, dans des petites villes peu contrôlées par l'armée et à Cali. À Valle en 1999, 180 fidèles de l'église La María furent pris en otage, 79 personnes furent prises en otage au kilomètre 18 de la route Cali.[réf. nécessaire]

Le 16 mai 2000, une bombe télécommandée soudée au cou de l'otage Elvia Cortes, 53 ans, est déclenchée, tuant l’otage ainsi qu'un démineur et mutilant les sauveteurs. Les FARC réclamaient 7 500 dollars. Raul Reyes finira par indiquer que l'ordre a été donné de renoncer à cette méthode [24].

En février 2002, les FARC ont enlevé Íngrid Betancourt et Clara Rojas. Cette dernière a été libérée le 10 janvier 2008. Une mobilisation internationale réclamant la libération de Mme Betancourt et des autres otages est apparue progressivement au cours de ces années de captivité. Depuis, Ingrid Bétancourt a été libérée le 2 juillet 2008[25].

En avril 2002, les FARC enlèvent 12 députés du Valle del Cauca, à Cali, en se faisant passer pour des militaires colombiens. Pendant 5 ans les négociations de libération restent au point mort. Au mois de mai 2007, Rodrigo Granda est libéré par le gouvernement pour servir comme intermédiaire dans la libération d'otages (dont Ingrid Betancourt). Le 28 juin, les FARC annoncent la mort de 11 des 12 députés, tués 10 jours plus tôt, elles accuseront l'armée d'avoir tenté une opération de libération, mais cela s'avérera totalement faux. Dans des documents récupérés dans les ordinateurs de Raul Reyes, Alfonso Cano reconnaîtra que les FARC ont commis « une erreur », ayant confondu un groupe de l'ELN avec une unité de l'armée. Le 18 juin 2008 plusieurs cérémonies de commémoration ont eu lieu[réf. nécessaire]. Sigifredo López, le seul survivant, est toujours retenu par les FARC.

Début 2007, Gustavo Munoz, président de la Fondation nouvelle espérance, une ONG colombienne, annonçait que les FARC avaient plus de 1 100 otages et que 45 d'entre eux avaient été assassinés en 2006 parce que leurs familles n'avaient pas pu payer la rançon demandée par la guérilla[26]. Les FARC ont réclamé 9 000 dollars par corps aux familles pour restituer leur défunt.

Les FARC demandent régulièrement la démilitarisation de deux zones afin d'échanger leurs otages politiques (56 début 2007 mais 11 députés ont été tués en juin 2007[27]) contre 500 de leurs guérilleros emprisonnés dans les prisons d'État. Le président colombien Pastrana avait essayé cette hypothèse en 1998. Cependant, cela n'avait permis de libérer les otages car les FARC y établirent une sorte de république autonome.

En janvier 2008, certaines sources estiment à plus de 750 le nombre de personnes détenues par les FARC[28].

Le 2 juillet 2008 a lieu l'opération Jaque : suite à une infiltration de militaires colombiens au sein des FARC, un déplacement d'otages est organisé par les infiltrés. Cette ruse permettra la libération sans aucun coup de feu de 15 otages dont la Franco-Colombienne Íngrid Betancourt et 3 américains.

Soutiens équatorien et vénézuelien [modifier]

Sur la base de documents saisis chez l'un des chefs des FARC, Raul Reyes, par l'armée colombienne et authentifiés par interpol, le Venezuela et l'Équateur auraient apporté un soutien financier, logistique et militaire actif[29],[30].

Le Venezuela aurait ainsi versé 300 millions de dollars d'aides aux FARC, leur auraient livré des armes, auraient servi d'entremetteur dans des achats d'armes, et aurait passé des accords d'entrainement militaire avec la guérilla. Ce soutien vénézuelien serait un remerciement au soutien apporté à Hugo Chavez lorsqu'il était en prison après sa tentative de coup d'État en 1992[31]. Le Venezuela a toutefois démenti ce soutien au FARC, évoquant la théorie d'un complot anti-vénézuelien réunissant les États-Unis et la Colombie. Le Venezuela aurait également proposé des quotas de pétrole aux FARC pour financer leurs achats d'armes.

Grâce aux financements vénézuéliens, les FARC auraient soutenus financièrement la campagne électorale du président équatorien Rafael Correa[32], ce que celui-ci dément[33]. Le président équatorien Correa s'est déclaré prêt à reconnaître un statut de belligérant aux FARC, sous réserve d'une libération des otages. Les FARC ont également pu installer des bases sur le territoire équatorien.

Armée républicaine irlandaise [modifier]

L'Armée républicaine irlandaise est soupçonnée d'avoir apporté aux FARC son savoir-faire, principalement pour ce qui concerne les attaques à l'explosif. En août 

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