PKK
Parti des travailleurs du Kurdistan
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| Parti des travailleurs du Kurdistan PKK | |
| Classification | |
|---|---|
| marxisme-léninisme et nationalisme kurde | |
| Objectifs | |
| Obtention des droits linguistiques, culturels et existentiels des Kurdes | |
| Statut | |
| Actif | |
| Victimes | |
| + de 37 000 entre 1984 et avril 2007[1] | |
| Fondation | |
| Date de formation | 1978 |
| Pays d'origine | |
| Fondateur | Abdullah Öcalan |
| Force | |
| Nombre | + de 5 000 combattants |
| Zone d'opération | Irak Iran Syrie Turquie Europe |
| Financement | |
| Trafic de stupéfiants[2],[3], racket[4], trafic d'êtres humains[5], collecte, médias, activités culturelles | |
| Filiation | |
| Chefs principaux | Murat Karayilan est le chef actuel (2008). Abdullah Öcalan (ou "Apo") était l'ancien chef du PKK. |
| Groupes liés | PJAK |
Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK - en kurde: Partiya Karkerên Kurdistan), formé en 1978 par Abdullah Öcalan, est une organisation armée se présentant comme un mouvement de guérilla. Le PKK est actif surtout en Turquie et, moins fréquemment, en Irak, Iran et Syrie.
Le PKK est en opposition armée avec la Turquie depuis 1984. À sa création, il visait l'indépendance des territoires à population majoritairement kurde se situant dans le sud-est de la Turquie, région constituant une partie du Kurdistan ; mais à présent les revendications d'indépendance du PKK se sont muées en demandes d'autonomie au sein d'un système fédéral, d'amnistie pour les rebelles qui leur garantisse leur participation à la vie politique, et de libération de leur chef Abdullah Öcalan détenu sur une île prison du nord-ouest de la Turquie.
Le PKK se prétend l'héritier des luttes et révoltes nationalistes kurdes menées dans les années 1920, notamment par Cheikh Saïd en 1925.
Le PKK figure sur la liste des organisations terroristes établie par le Département d'État des États-Unis[6]. Il est également considéré comme terroriste par les gouvernements turc et kirghize (depuis le 11 juin 2008)[7]. À noter que le 3 avril 2008, les juges de la CEJ, qui siège à Luxembourg, ont annulé une décision de l'Union européenne de 2002 d'inscrire le PKK sur sa liste d'organisations terroristes estimant que l’UE n’avait pas suffisamment justifié sa décision[8]. Le 30 mai 2008, le président américain George W. Bush, en vertu d'une loi contre le trafic de drogue international, impose au PKK des sanctions financières.[9]
Sommaire[masquer] |
Actions [modifier]
Suite à son emprisonnement, le dirigeant du PKK, Abdullah Öcalan, a décrété un cessez-le-feu en 1999. En 2004 le PKK a changé son nom en KONGRA-GEL et a dénoncé le cessez-le-feu. Puis ce dernier a repris le nom de « PKK ».
Dans le sud-est de la Turquie, les membres du PKK confrontent militairement les forces de l'ordre et les forces armées turques, ciblant les représentants du pouvoir central (assassinat du gouverneur de Diyarbakir), etc. Au début, les attaques visaient également les piliers du pouvoir traditionnel kurde (chefs traditionnels et religieux, voire instituteurs accusés de répandre la langue turque au dépens du kurde alors interdit). Cependant, ces attaques motivées par l'idéologie marxiste-léniniste chère au fondateur du PKK n'avaient pas l'appui d'une population plutôt conservatrice, et après quelques années, le PKK s'est donc réorienté sur le pouvoir turc.
Hors de son terreau d'origine, le PKK a mené des actions terroristes, visant les autorités turques au début puis, depuis quelques années, les intérêts touristiques turcs (attentats dans les stations balnéaires, par exemple). Les forces turques ont réagi en menant une répression féroce, mettant tout le sud-est du pays en zone interdite aux étrangers, et en imposant un état d'urgence à la population durant plusieurs années, levé depuis. Depuis les débuts, il y a eu plus de 37 000 victimes causées par cette guerre[1]; 4 000 villages ont été détruits, et entre 400 000 et un million de personnes ont dû fuir leur domicile pour trouver refuge dans les villes de la région, du reste de la Turquie ou à l'étranger.
En 2007, la situation est moins tendue dans les villes kurdes de Turquie. Les campagnes restent soumises aux attaques de la guérilla et aux contre-attaques des autorités turques et de leurs soutiens locaux tels que les brigades d'auto-défense composées de villageois kurdes opposés au PKK. Avant d'entamer un recul progressif, laminé par la contre-offensive des autorités turques, le PKK contrôlait en 1991 une large portion du sud-est anatolien. Le fait que l'armée reprenne les rennes des opérations anti-PKK et vide quelque 4 000 villages de leurs habitants coupe ensuite le PKK de ses soutiens dans la population et, par la même occasion, de ses circuits de ravitaillement clandestins.
Les soutiens du PKK [modifier]
Le PKK n'aurait pu mener une lutte d'une telle envergure et durant si longtemps sans l'appui extérieur de certains États et certains milieux. Dès 1979, les responsables principaux du PKK quittent la Turquie à la veille du coup d'Etat militaire de 1980, et trouvent refuge à Damas. Le fondateur du PKK, Abdullah Öcalan, y restera jusqu'en 1998, date à laquelle le président Hafez el-Assad décide de l'expulser sous les menaces d'une guerre ouverte avec la Turquie. Il sera arrêté quelques mois plus tard au Kenya, avec la collaboration probable des services secrets israéliens[10]. Pour ses actions à l'étranger ou en tout cas hors du sud-est anatolien, le PKK a été en contact avec l'Armée secrète arménienne de libération de l'Arménie (Asala), un groupe terroriste qui a commis de nombreux assassinats entre 1975 et 1983 pour obtenir la reconnaissance du génocide arménien. Les relations avec les Kurdes irakiens sont ambigües: si des bases du PKK ont pu être installées dans le nord de l'Irak au bénéfice d'une autonomie de fait depuis la Première guerre du Golfe (1991), les partis kurdes irakiens ont toujours cherché à garder leurs distances avec le PKK, sans doute pour éviter de devenir les cibles du feu turc. Cette réserve relative de l'UPK et du PDK n'a cependant pas empêché l'armée turque d'envisager sérieusement d'envahir le nord de l'Irak sous couvert de l'opération américaine au printemps 2003, initiative qui n'a été stoppée qu'au dernier moment par Washington. Depuis, certaines informations indiquent qu'Ankara soutient en sous-main les activités de déstabilisation autour de la minorité turcomane vivant au Kurdistan irakien.
Ses sources de financement sont la Syrie jusqu'à la rupture en 1998, le racket des commerçants kurdes (surtout en Europe), mais aussi la collaboration avec l'Asala et le trafic de drogue en Europe[11].
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Histoire du PKK [modifier]
C'est lors d'une réunion dans le village de Fis près de Diyarbakir, le 27 novembre 1978, à laquelle participeront une quinzaine de personnes dont Abdullah Öcalan, Kesire Yildirim, Sahin Donmez et Cemil Bayik que le PKK est créé officiellement. Cette réunion sera le premier congrès du parti. Öcalan est élu secrétaire général.
L'idéologie du PKK mêle lutte des classes et nationalisme. Le nom de sa revue Serxwebun (L'indépendance) dont le rédacteur en chef est Mazlum Dogan, indique clairement l'objectif final du PKK. Ce qui fait la spécificité de celui-ci par rapport aux autres partis, c'est l'importance qu'il accorde à la lutte armée. Parallèlement à la formation politique de la population, il faut par la "violence révolutionnaire" contre l'appareil d'Etat montrer aux paysans que "le pouvoir colonial est faible et qu'il est possible d'agir contre lui".
Les fondateurs du PKK ont défini un manifeste publié sous le nom de "La voie de la révolution du Kurdistan". Il proclame la fondation du PKK en ces termes : "Depuis des siècles, le peuple du Kurdistan a mené une guerre de libération contre la domination étrangère et ses collaborateurs locaux. Pour élever le combat au niveau d'une guerre de libération nationale en le combinant avec la lutte des classes, le PKK a été fondé. C'est la nouvelle organisation du prolétariat du Kurdistan". Ce document est rédigé par Mehmet Hayri Durmus. Il commence par une analyse historique, économique et sociale du Kurdistan et de la société kurde, dont voici les conclusions : "Le peuple Kurde existe, il a une histoire, une langue, une culture spécifiques. Le Kurdistan est une colonie internationale. Les Kurdes sont victimes d'une assimilation accélérée d'où l'urgence d'une révolution nationale. L'exploitation des terres est caractérisée comme semi-féodale. Les colonialistes et les féodaux kurdes exploitent la paysannerie et le prolétariat. Le Kurdistan est tenu dans un état de sous-développement".
Selon le PKK, il faut une révolution nationale sous l'avant garde du prolétariat et de son parti pour la création d'un Kurdistan réunifié, indépendant et socialiste. Pour cela, il leur faut organiser et mener la lutte du peuple kurde, libérer le Kurdistan de l'impérialisme, du colonialisme et des féodaux collaborateurs, établir la dictature du prolétariat dans un Kurdistan indépendant et unifié, et enfin, réaliser une société sans classe.
Paradoxalement, selon la théorie marxiste, la force motrice de la révolution est la classe ouvrière qui est presque inexistante au Kurdistan, dont l'économie dans les années 1970 s'appuie encore sur l'agriculture et l'élevage. Mais le PKK en appelle aussi aux « opprimés, aux paysans exploités, à la jeunesse qui a perdu son identité et aux femmes asservies ». Les alliés extérieurs et naturels de la révolution du Kurdistan sont les pays socialistes, les mouvements de libération nationale, et les mouvements de la classe ouvrière des pays capitalistes.
La violence révolutionnaire est la méthode de lutte et doit être employée aussi bien contre l'État turc que contre les bourgeois et les féodaux. Les forces révolutionnaires très faibles au début attireront des recrues par la violence politique. L'utilisation de la violence politisera la population et lui donnera le courage de s'opposer aux forces de sécurité. La guerre d'indépendance sera menée par les tactiques de la guérilla sur le modèle vietnamien et elle se déroulera en trois étapes : la défense stratégique, la balance des forces, la période de la stratégie offensive.
L'organisation passe à l'action pour occuper le terrain en usant de méthodes discutables pour imposer son autorité. Ses membres se dispersent à travers tout le Kurdistan où ils distribuent un tract de deux pages qui annonce dans une langue de bois rebutante la création du PKK. Dans les discussions qui opposent les militants du PKK à ceux des autres organisations, les premiers utilisent un langage très dur qui provoque immédiatement la réaction de leurs interlocuteurs. Les attaques armées des membres du PKK contre les propriétaires terriens et contre l'armée déclenchent des opérations des forces de sécurité dont les autres organisations kurdes et turques font les frais. Celles-ci accusent alors ceux du PKK d'être des provocateurs.
C'est à cette époque qu'Öcalan prit le surnom d'Apo, ou "oncle", surnom vraisemblablement inspiré de l'Oncle Ho Chi Minh, ainsi que l'appellation "Apocular" (les disciples d'Apo). Les paysans kurdes (99 % de la population et analphabètes à 75 %) n'arrivaient pas à réaliser ce qu'est un parti. Pour eux, la seule autorité c'était l'Etat et "l'Aga" (le propriétaire terrien). Pour se faire connaître, il fallait donc s'identifier à une personne, un seigneur. C'est ainsi que doit être relié le terme "Apocular". A cette époque, les structures tribales sont intactes. Le PKK pour aller vite n'hésitait pas à prendre parti pour une tribu dans un conflit l'opposant à une autre, afin de la rallier à sa cause... ce qui lui valait en conséquence l'hostilité de la seconde. Cette politique coûtera cher par la suite au PKK, car la totalité des tribus contre lesquelles il avait pris parti ont pris les armes et rejoint les gardiens de village.
C'est pendant cette période que les Services secrets turcs commencent a s'intéresser réellement à l'organisation. Le groupe est infiltré par un kurde originaire d'Agri, Necati Kaya, ancien officier pilote dans l'aviation. Il prétend qu'il a été expulsé de l'armée parce qu'il est kurde et s'inscrit à la faculté des sciences politiques où il prend contact avec le groupe. Öcalan a eu le mérite, selon ses dires, de se méfier de lui dès juin 1977 et l'a constamment désinformé.
Il lui fait croire qu'il viendra s'installer de nouveau à Ankara qu'il a quittée en 1977 pour Diyarbakir. Ainsi le MIT croyant qu'il est sous contrôle préfère observer au lieu d'agir. En effet, par sa "violence révolutionnaire" le PKK s'oppose aux autres organisations kurdes et de gauche turque qui voient dans le Parti une organisation nationaliste se cachant derrière une façade marxiste. C'est pourquoi certains n'hésitent pas à le qualifier de "loups gris (Ndlr : membres de l'extrême-droite) de l'Est". Cette situation met bien évidemment le feu aux poudres et aboutira à des meurtres commis de part et d'autre.
Le PKK en Europe [modifier]
Depuis son origine, le PKK vise deux objectifs stratégiques d'égale importance : enraciner la lutte armée au Kurdistan turc, et s'implanter en Europe occidentale. Objectif final du second volet stratégique : y prendre le contrôle de l'importante communauté d'émigrés et de réfugiés kurdes de Turquie (qui sont en effet plus de 600 000 en Europe, dont une moitié au moins en Allemagne). C'est d'ailleurs dans ce pays que le PKK a implanté son plus important réseau. Selon le ministre allemand de l'intérieur, le PKK disposait en 1999 une dizaine de milliers de militants actifs en RFA (il disposait de bureaux à Mayence, Offenbourg, Russelheim, Olderburg, Dortmund etc...) [1]. Aujourd'hui, les structures d'encadrement et d'embrigadement se sont multipliées et sont actives partout en Europe : YDK (bras politique du PKK baptisé Union Démocratique du Peuple Kurde, ex-ERNK), syndicat des "travailleurs patriotes kurdes", associations de jeunes (TECAK, anciennement YCK), de femmes (PJA), etc...
L’Europe est aussi une source de financement important pour le PKK. En effet, le trafic de stupéfiants et le racket des commerçants kurdes de Turquie installés en Europe permet à l’organisation de récolter plusieurs millions d’euros par an[12].
Notes et références [modifier]
- ↑ a b Kurdish rebels kill Turkey troops, 08/04/2007, BBC NEWS. Consulté le 26/02/2008
- ↑ The PKK'S Role in International Drug Trafficking, Rapport rédigé en 1994 sous la coordination de Michael P. Hankard et Saruhan S. Hatipoglu (sous la supervision du prof. Yonah Alexander, spécialiste de l'étude du terrorisme à la George Washington University) pour le compte du ministère turc des Affaires étrangères. Publié dans le cadre du Guide des mouvements de libération, des organisations terroristes, des cartels de drogue et autres entités para-étatiques, sur le site de la Fédération des scientifiques américains. Page consultée le 2007-10-23.
- ↑ Heroin Pouring Through Porous European Borders, Alan Cowell, The New York Times, 1993-02-09. Page consultée le 2007-10-23.
- ↑ Narco-Terror: The Worldwide Connection Between Drugs and Terror, témoignage de Rand Beers (Secrétaire d'État adjoint chargé des questions de trafic de drogues international et de l'application de la loi) et de Francis X. Taylor (ambassadeur extraordinaire pour le terrorisme) devant la sous-commission juridique du Sénat des États-Unis sur la technologie, le terrorisme et l'information d'État (Washington, mars 2002). Page consultée le 2007-10-23.
- ↑ Our Alliance Against Terrorism, éditorial de l'ambassadeur américain à Ankara, Département d'État des États-Unis (avril 2006). Page consultée le 2007-10-23
- ↑ D'après le Département d'État américain, le PKK fait partie des 30 principales organisations terroristes du monde (void l'édition d'octobre 1997 de ses rapports intitulé Patterns of Global Terrorism).
Le PKK figure également sur une liste de 21 organisations terroristes ajoutée en 2001 au Terrorism Act 2000 voté par le Parlement britannique en 2000 (Nouveaux Mondes rebelles, p. 468) Le PKK est également sur la liste des organisations terroristes définies par la décision du 28 Juin 2007 du Conseil Européen (2007/445/EC) : Extrait du Journal officiel de l'Union européenne - 29 juin 2007, p. 5 [pdf]. - ↑ APA
- ↑ « Le tribunal européen supprime le PKK de la liste des organisations terroristes », Observatoire de l'Europe, 10 avril 2008, [lire en ligne (page consultée le 7 mai 2008)].
- ↑ « Bush impose des sanctions aux séparatistes kurdes du PKK », France 24, 31 mai 2008, [lire en ligne (page consultée le 13 juin 2008)]
- ↑ Nouveaux mondes rebelles, p. 53-54.
- ↑ La source utilisée pour cette Introduction (dans sa version du 29 septembre 2007) a pour référence Les Nouveaux mondes rebelles, édition 2005 (voir la bibliographie pour les références exactes)
- ↑ Pierre Bocev, « Les racketteurs du parti séparatiste kurde récoltent des millions en Allemagne », 03/11/2007, Le Figaro. Consulté le 05/11/2007
Bibliographie [modifier]
- Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange, Les Nouveaux Mondes rebelles, éd. Michalon, 2005 (pp. 51-56, 70-71, 468)
- Soner Cagaptay « Can the PKK Renounce Violence? », Middle East Quarterly, hiver 2007
- Soner Cagaptay et Cem S. Fikret, « Europe's Terror Problem: PKK Fronts inside the EU », PolicyWatch #1057, The Washington Institute for Near East Policy, 2 décembre 2005
Voir aussi [modifier]
- Kurdistan
- Abdullah Öcalan
- Congrès pour la liberté et la démocratie au Kurdistan
- Engîn Sîncer (Erdal)
Lien externe [modifier]
- Chapitre 3 du Rapport d'Amnesty international sur la Turquie; le chapitre 3 concerne les violations des droits de l'homme commis par les groupes d'opposition armée (1996).


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